Pourquoi adapter son alimentation en période de fortes chaleurs ?

Lors des épisodes de canicule, le corps transpire davantage pour maintenir sa température. Cela entraîne une perte importante d’eau et de sels minéraux, augmentant le risque de déshydratation, de malaise et de coup de chaleur.

Une alimentation adaptée contribue à maintenir une bonne hydratation et à limiter ces risques.

Pour tous

S’hydrater régulièrement

  • Boire avant d’avoir soif.
  • Environ 1,5 à 2 L d’eau par jour minimum, davantage en cas de forte chaleur ou d’activité physique.
  • Répartir les prises sur toute la journée.
  • Les personnes âgées ressentent moins la sensation de soif : penser à proposer régulièrement à boire.

Privilégier les aliments riches en eau

  • Melon
  • Pastèque
  • Fraises
  • Pêches
  • Abricots
  • Concombre
  • Tomates
  • Courgettes
  • Salades
  • Radis

Ils participent à l’hydratation tout en apportant vitamines et minéraux.

 

Sans oublier les protéines (préserver la masse musculaire et limiter le risque de dénutrition)

En période de fortes chaleurs, l’appétit diminue souvent. Pourtant, il est important de continuer à consommer des aliments riches en protéines afin de préserver la masse musculaire, en particulier chez les personnes âgées, fragiles ou à risque de dénutrition.

Quelques idées faciles à consommer lorsqu’il fait chaud :

  • viande ou volaille froide
  • poisson froid (thon, saumon, maquereau, sardines…)
  • œufs (œufs durs, omelette froide, quiche)
  • produits laitiers (fromage blanc, petit suisse et pourquoi pas des crèmes desserts/flan/crème aux oeufs pour les patients fragiles)
  • fromage
  • légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges) intégrées dans des salades, si vous les tolérez bien digestivement

L’objectif est d’avoir une source de protéines à chaque repas, même si les quantités consommées sont un peu plus faibles que d’habitude.

Et les féculents

Les féculents restent importants, même en été. Ils apportent l’énergie nécessaire à l’organisme et contribuent à couvrir les besoins nutritionnels lorsque l’appétit est diminué.

S’ils sont moins appréciés chauds, ils peuvent être consommés froids ou intégrés dans des préparations faciles à manger :

  • salades de pâtes, riz, pommes de terre, patate douce ou semoule
  • pain
  • wraps
  • quiches
  • cakes salés
  • tartes salées

Pour les personnes ayant un petit appétit, il est également possible d’enrichir un yaourt ou un fromage blanc avec quelques flocons d’avoine ou du muesli afin d’augmenter les apports énergétiques et nutritionnels.

 

Adapter les repas

Préférer :

  • des repas plus légers
  • des crudités
  • des salades composées
  • des légumes cuits froids (pour limiter l’impact en cas d’intestins sensibles et ne pas consommer que des aliments crus)
  • des yaourts
  • des fruits frais

Limiter :

  • les plats très gras
  • les repas copieux
  • les aliments très salés
  • les plats très épicés
  • l’alcool

Astuces fraîcheur

  • Eau fraîche (mais pas glacée si elle est mal tolérée)
  • Gaspacho
  • Compotes placées au réfrigérateur voire au congélateur (pour une compote glacée)
  • Smoothies maison sans sucre ajouté
  • Fruits bien frais
  • Eau aromatisée maison (menthe, citron, concombre…)

 

Personnes vivant avec un diabète

Les fortes chaleurs peuvent modifier la glycémie et augmenter le risque de déshydratation.

À privilégier

  • Hydratation régulière avec de l’eau.
  • Contrôler plus fréquemment sa glycémie si nécessaire.
  • Conserver les traitements (notamment l’insuline) selon les recommandations de stockage.

Les glaces : peut-on en manger ?

Oui, une glace peut parfaitement être consommée de façon occasionnelle toujours en fin de repas ou accompagnée d’un aliment type laitage pour limiter l’impact sur la glyécmie.

Quelques repères :

Glace à l’eau : parfois une bonne alternative, surtout les formats type « Mr Freeze »

Sorbet : souvent moins gras mais généralement plus riche en sucres.

Crème glacée : plus riche en lipides mais parfois légèrement moins sucrée.

L’essentiel est :

  • de rester raisonnable sur les portions ;
  • de l’intégrer dans l’alimentation habituelle  et plutôt en fin de repas pour limiter l’impact sur la glycémie
  • de favoriser les formats mini ou simple (glace en bac/sorbet)
  • des formats faits maison, des compotes au congélateur ou des yaourts type petit filou tube au congélateur. Toujours en fin de repas pour réduire l’impact sur la glycémie.

Une glace ne remplace pas un repas.

Personnes âgées

Les personnes âgées présentent un risque élevé de déshydratation.

Conseils :

  • boire même sans sensation de soif ;
  • proposer plusieurs petites boissons dans la journée ;
  • favoriser les aliments riches en eau ;
  • sans négliger l’apport en protéines (voir ci-dessus) et en féculents pour apporter assez d’énergie et limiter les risques de dénutrition
  • surveiller les signes de déshydratation (fatigue inhabituelle, confusion, bouche sèche, urines foncées).

Insuffisance cardiaque

Les recommandations d’hydratation peuvent être différentes.

Il est important :

  • de respecter les consignes données par le cardiologue ou le médecin traitant concernant les quantités de boissons ;
  • de ne pas augmenter brutalement ses apports en eau sans avis médical ;
  • de consulter rapidement en cas de prise de poids rapide, essoufflement ou œdèmes.

 

Insuffisance rénale

Les conseils varient selon le stade de la maladie et le traitement.

En cas de restriction hydrique ou de régime spécifique :

  • ne pas modifier les quantités de boissons sans avis médical ;
  • suivre les recommandations du néphrologue ou du diététicien.

Nourrissons et jeunes enfants

Les enfants se déshydratent rapidement.

  • Proposer de l’eau très régulièrement.
  • Continuer les repas habituels.
  • Pour les nourrissons allaités : proposer le sein plus souvent.
  • Pour les nourrissons nourris au biberon : ne pas diluer les préparations infantiles.

 

En résumé

✔ Boire régulièrement.
✔ Manger léger.
✔ Consommer des fruits et légumes riches en eau.
✔ Éviter l’alcool.
✔ Se rafraîchir régulièrement.
✔ Demander un avis médical en cas de maladie chronique nécessitant une adaptation des apports hydriques.

Autres points :

  • Hypertension artérielle : inutile de conseiller d’augmenter volontairement le sel, sauf recommandation médicale. On lit encore parfois ce conseil, mais il n’est pas recommandé en population générale.
  • Diurétiques : rappeler aux patients de ne jamais arrêter leur traitement de leur propre initiative, même en période de canicule. En cas de malaise, vomissements ou diarrhée, ils doivent contacter leur médecin.
  • Personnes prenant des traitements photosensibilisants : rappeler d’éviter l’exposition solaire, certains médicaments augmentant le risque de réactions cutanées.
  • Boissons : café et thé peuvent être consommés avec modération ; contrairement à une idée reçue, ils ne provoquent pas de déshydratation chez les consommateurs habituels.